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Graphiste ou artiste, graphisme ou graphismes ?

Graphiste ou artiste, graphisme ou graphismes ?

Réflexion post stage.

Douze semaines ont été pour moi l’occasion de découvrir un métier dont je ne connais finalement pas, ou très peu les tenants et les aboutissants. Si l’école nous offre la possibilité de rêver et de se projeter dans une vie future ou l’argent coulera à flot et où chacun d’entre nous proposera ses plus belles créations à un client riche et convaincu de base, il peut être intéressant de se reconnecter à la réalité de temps à autre. La réalité du travail, celle du designer graphique et non plus de l’étudiant en cours de cursus artistique. Le client n’est pas une option, mais une réalité, et un graphiste n’est pas, ou du moins, n’est pas seulement un artiste. Un vendeur dira « le client est roi » ; mais nous, que devons penser de cette affirmation en temps que designer graphique ? Le client commande, mais doit-il pour autant commander ? Oui, non ? je ne saurai pas affirmer l’un ou l’autre. En effet, ce métier que certain appellerons plus facilement « passion » reste complexe. à la fois artistes, attirés par « le beau », investis par une sensibilité forte, nous aspirons à produire de belles choses, sur lesquelles nous n’oublierons pas d’apposer notre signature. Mais alors, ne sommes nous pas artistes ? On appelle créations des supports à finalité fonctionnelle, commandés dans un but précis. De quoi s’y perdre.Revenons-en à notre commanditaire qui commande. Lui, ce dont il a envie, c’est un logo, en forme de poisson, mais rouge parce qu’il n’aime pas le bleu, ça lui rappelle la chemise d’une voisine peu appréciée. Que faire ? Il commande après tout. • Si certains se contenterons de lui proposer un poisson rouge, d’autre refuserons la commande, recevant la demande comme un poisson d’Avril. C’est, face à ce genre de situation, qu’il me semble intéressant de réfléchir au rôle du designer graphique, dans son acte de création, mais également dans sa fonction de médiateur de l’image et « d’éducateur visuel ». Certains dirons, « n’est-ce pas un peu prétentieux, d’associer à graphiste, le terme d’éducateur ? ». Je ne sais pas. Il me semble qu’une inégalité visuelle est clairement identifiable en France. Comparons la communication d’une structure comme la philharmonie de Paris et celle d’un commerçant de province. Il va de soit que ce n’est pas comparable, mais quand même. Pourquoi utiliser un fluo pour une structure parisienne, pendant qu’un plombier breton se verra attribuer une couleur « classique », voir « fade ». Est-ce parce qu’il ne sera pas capable
de l’assumer, ou bien, à contrario parce que le graphiste estime que c’est une couleur que son client ne « portera » pas ? Est-ce que les codes visuels des différents « milieux » doivent varier ? Quelque chose me chiffonne. Je vacille entre l’envie de répondre qu’il faille bannir l’élitisme qui tend à se mettre en place, et l’idée que le graphisme pour la philharmonie et le plombier ne peuvent employer les mêmes codes. Faut-il recourir à une solution intermédiaire, qui consisterai à chercher un « entre deux ». Avoir la volonté d’affuter le regard, et les goûts d’un client, peut-être moins alerté à un « beau graphisme » ? (Cette notion de « beau graphisme » fait aussi rebondir d’ailleurs. Si j’emploie le terme de « beau », j’insinue alors que d’autre devrons se contenter d’un « graphisme laid » ? Scandale.) Ce qui m’embête, je crois, c’est le fait que tout donne à penser que le beau est utilisé pour (pour ou par d’ailleurs ?) les commanditaires tel la philharmonie,
et qu’il ne peut pas, ou n’est pas, employé pour certains commanditaires. Alors, existe t-il différents graphismes ? Je pense que oui, mais, une fois de plus, il me semble que cette « catégorisation » renforce l’idée que seul les gens qui vont au ThéÂtre peuvent être touché par un graphisme « d’auteur ». étudiante, en cours de formation, je n’arrivais pas à vraiment définir la cause et l’effet, j’ai encore du mal à voir clair, et à affirmer un propos, c’est pourquoi je préfère profiter de cet écrit pour soulever des questionnements qui ont pu surgir lors de mon stage, et qui me posent vraiment question. Je ne sais encore comment y répondre et me positionner par rapport à tout ça, mais j’ai l’intime conviction qu’il faille y réfléchir, car, si le designer ne modifiera pas le cours du monde, il a quand même un rôle dans le « rapport aux choses ». Aussi, la relation qu’on à ce qui nous entoure passe souvent par l’image, et n’est ce pas le designer graphique qui « donne une image » à celles-ci ?

Courir les rues, ouvrir les yeux.

Courir les rues, ouvrir les yeux.

Réflexion personnelle suite à un séjour à Amsterdam.

A mon sens, la visite d’un pays, d’une ville ou encore d’un village doit passer par l’immersion du voyageur dans le lieu visité. En effet, la mondialisation a provoqué et mène encore de nombreux pays à se ressembler. Des enseignes comme Coca-Cola, H&M, Mac Donald et bien d’autres sont présents dans la quasi totalité du monde, et empêchent parfois le voyageur de voir des éléments plus typiques et représentatifs du pays. Si celui-ci n’ouvre pas les yeux, ou du moins ne regarde pas « bien », alors Rennes, Paris, Londres ou Amsterdam lui apparaîtront très semblables, voir identiques. Je remarque tout de même une différenciation de la langue. En me baladant dans les rues d’Amsterdam, ne comprenant pas le dialecte, je suis rapidement amenée à me rattacher à la vue, cherchant quelque chose d’intelligible. Dès lors, mon immersion dans la ville se fait avec mes yeux,  j’évacue le dialogue. Ce que j’entends devient décors, ambiance sonore qui accompagne la déambulation de mon regard. Il devient facile de voir et de porter un regard plus pointu sur ce qu’il se passe autour de moi. Faire abstraction de ce que j’entends me permet de regarder avec plus d’insistance. En tant que designer graphique, mes yeux se posent rapidement sur l’écrit, (ne comprenant pas le parlé, j’essaie inconsciemment de lire). Le même problème émane : la non compréhension. Je lis mais je ne comprends pas. Alors, la forme prend plus d’importance que le fond. Tandis que je ne m’attarde plus, ni à lire ni à essayer de donner un sens à ce qui est écrit, le dessin des lettres retient mon attention. Un regard plus pointu sur la typographie me permet de m’immerger dans la ville d’une autre manière. Ainsi, il est intéressant de remarquer comment, dans un tel contexte, je forme mes yeux à une autre manière d’observer. Des formes particulières montrent une richesse typographique et attirent l’œil sur une culture graphique et typographique très présente à Amsterdam. En effet, la typographie est partout, enseignes, vitrines, stickers, affiches, signalétique, gravure, street art etc. Dès lors, il m’a semblé important de récolter ces caractères. En photographiant et en cumulant un ensemble de photographies de typographie, je me suis vite rendu compte du soucis du détail et de la richesse de ces typographies. La diversité de celles-ci présentes dans les rues, affirme une démocratisation du design graphique. Le beau et la finesse ne sont pas réservés aux domaines artistiques mais investissent les rues et l’environnement quotidien. Suite à cette expérience, il est intéressant de prendre en compte la manière dont un contexte peut agir sur la manière d’appréhender ce que nous entoure. En tant que designer, avoir conscience et jouer avec ces éléments qui influent sur notre perception me semble nécessaire et important. Il nous faut comprendre que l’environnement au sens large, impacte la lecture de ce qu’on y implante, et de même, la relation fond/forme modifie la perception de ce qui nous est donné à voir. Parfois, la forme prendra le dessus sur le sens, ou inversement ; à nous d’en avoir conscience et de créer en conséquence de cause. Pour appuyer mon discours, j’ai souhaité présenter certains caractères photographiés lors de mon voyage. En vue de ce que j’énonce ci-dessus, il me semble important d’inclure ces typographies relevées dans une édition présentant des photographies de la ville dans sa globalité. Ainsi, les créations graphiques et typographiques se réinscrivent dans leur contexte, sans lequel, elles ne seraient peut être pas regardées et comprises de la même manière.­

Vœux 2016

On dit que les vœux peuvent être souhaités jusqu’au 31 Janvier.
Les voilà envoyés en « lettres vertes » !
Et à ceux qui n’ont pas reçu : Meilleurs vœux pour 2016 !